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Employeurs4 min de lecture

Personnaliser la prévention santé sans surveiller les salariés

Les collaborateurs n’ont pas tous les mêmes besoins, mais l’employeur ne doit pas connaître leur situation médicale. Une plateforme de prévention peut résoudre cette tension en séparant strictement le parcours individuel du pilotage collectif. Découvrez les principes de conception qui protègent la confiance et l’utilité.

Par Rubens Valcy

Fondateur de MyTwin

Publié le

Sommaire
  1. Séparer trois espaces
  2. La personnalisation par choix plutôt que par assignation
  3. Personnaliser sans stigmatiser
  4. Les garanties à exiger d’un prestataire
  5. Concevoir une expérience inclusive
  6. L’approche MyTwin pour les entreprises
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Proposer le même programme à tout le monde paraît équitable, mais répond rarement à la diversité des âges, métiers, contraintes et priorités. À l’inverse, demander à l’employeur de sélectionner individuellement les services serait intrusif et juridiquement problématique. La personnalisation doit donc être réalisée au bénéfice du collaborateur, sans rendre son profil médical visible à l’entreprise.

La CNIL indique qu’un employeur ne peut pas connaître les données de santé de ses salariés. Elle rappelle également que les données de santé sont sensibles et que leur traitement est, par principe, interdit sauf cas prévus par les textes. Le consentement ne résout pas toutes les questions dans une relation de travail, où le déséquilibre entre les parties doit être pris en compte.

Séparer trois espaces

  • Le collaborateur

    • Accède à ses informations
    • Choisit d’utiliser un service
    • Comprend ce qui sera collecté

    Résultats individuels réservés aux personnes et professionnels autorisés

  • Le professionnel ou l’opérateur de santé

    • Utilise les informations nécessaires à l’accompagnement
    • Agit dans son cadre de responsabilité et de secret

    Ne transmet pas le détail médical à l’entreprise

  • L’employeur

    • Indicateurs de déploiement
    • Résultats agrégés : couverture, activation, satisfaction, délais, recours aux services

    Petites catégories à regrouper ou à masquer

L’espace du collaborateur

Le collaborateur peut accéder à ses informations, choisir d’utiliser un service et comprendre ce qui sera collecté. Les résultats individuels restent accessibles uniquement aux personnes et professionnels autorisés selon la finalité.

L’espace du professionnel ou de l’opérateur de santé

Les professionnels habilités peuvent utiliser les informations nécessaires à l’accompagnement, dans leur cadre de responsabilité et de secret. Ils ne transmettent pas le détail médical à l’entreprise.

L’espace employeur

L’employeur voit des indicateurs de déploiement et des résultats agrégés : couverture, activation, satisfaction, délais ou recours aux services. Les catégories trop petites doivent être regroupées ou masquées afin de limiter la réidentification.

La personnalisation par choix plutôt que par assignation

Une approche respectueuse consiste à offrir plusieurs portes d’entrée : santé cardiovasculaire, sommeil, santé mentale, peau, douleurs ou autres priorités. Le collaborateur choisit son parcours ou reçoit une orientation dans un espace confidentiel.

La participation doit être réellement volontaire. L’Organisation internationale du Travail souligne que les initiatives de promotion de la santé devraient reposer sur l’information et le libre choix plutôt que sur la contrainte. L’absence de participation ne doit pas avoir de conséquence sur l’emploi, l’évaluation ou les avantages.

Personnaliser sans stigmatiser

Le vocabulaire compte. Une campagne intitulée « salariés à risque » peut décourager l’usage. Une communication universelle proposant plusieurs options réduit l’exposition des personnes et normalise la diversité des besoins. Les interventions concernant la santé mentale doivent être conçues avec une attention particulière à la stigmatisation et aux conditions de travail.

L’OMS recommande d’agir sur les risques psychosociaux par des interventions organisationnelles qui ciblent les conditions et l’environnement de travail. Un outil individuel de gestion du stress ne remplace donc pas l’analyse de la charge, du management ou de l’organisation. Les deux niveaux sont complémentaires.

Les garanties à exiger d’un prestataire

L’entreprise devrait vérifier la finalité de chaque traitement, la liste des données collectées, les destinataires, la durée de conservation, les mesures de sécurité, les modalités d’exercice des droits et les règles d’agrégation. Il faut aussi clarifier le rôle juridique de chaque acteur et le processus en cas d’incident.

La minimisation est un principe pratique : ne collecter que ce qui est nécessaire. Si le pilotage requiert uniquement un taux d’utilisation global, l’employeur n’a pas besoin de connaître le motif de consultation. Si une analyse par site crée de petits groupes identifiables, elle doit être adaptée ou supprimée.

Concevoir une expérience inclusive

La personnalisation ne doit pas dépendre exclusivement d’un smartphone récent, d’une montre connectée ou d’une forte littératie numérique. Des alternatives humaines, des interfaces accessibles, plusieurs langues et une assistance doivent être prévues. Les équipes de nuit, les travailleurs nomades et les sites industriels ne doivent pas être oubliés.

Associer les salariés et leurs représentants dès la conception améliore la pertinence du dispositif. L’INRS recommande la participation des salariés et de leurs représentants dans l’évaluation des risques et le choix des actions. Cette co-construction aide aussi à identifier les craintes de surveillance avant le lancement.

L’approche MyTwin pour les entreprises

MyTwin pour les employeurs propose de choisir des modules de prévention, de déployer un parcours personnalisé et de suivre des informations agrégées. Pour MyTwin, les employeurs ne doivent pas avoir accès aux informations médicales individuelles. L’application ou l’interface sur mesure doit traduire cette séparation dans les rôles et les accès.

Le parcours individuel est présenté sur MyTwin pour les patients. Les entreprises souhaitant cadrer leur projet peuvent nous contacter.

Questions fréquentes

Sources

  1. CNIL, page consultée le 9 septembre 2026, « Données sur la santé : un employeur peut-il les connaître ? ».
  2. CNIL, 22 mai 2024, « Quelles formalités pour les traitements de données de santé ? ».
  3. Organisation mondiale de la Santé, 2 septembre 2024, « Mental health at work ».
  4. INRS, 17 octobre 2023, « Évaluation des risques professionnels ».
  5. Organisation internationale du Travail, 29 mars 2019, « Make healthy employees a priority ».

Cet article est fourni à titre d'information. Il ne remplace pas l'avis, le diagnostic ou le traitement d'un professionnel de santé.